mardi 28 juin 2016
Après le BREXIT, si on sortait de l’hystérie ?


Le vote du Brexit passé, l’agitation ne semble pas retomber. Entre ceux qui n’en reviennent pas d’avoir vu leurs idoles tombées et ceux qui croient l’heure d’une révolution populaire idéalisée arrivée, l’époque est à l’hystérie.

Pourtant la vraie question est bien de savoir que faire dans la situation dans laquelle nous sommes, face au défi qui se présente à nous, et confrontés à un fossé toujours grandissant entre le peuple et ses élites.  


L’idée que l’on pourrait continuer comme si de rien était, ne pas tenir compte du référendum Anglais et garder nos traités en l’état est une idée usée mais toujours présente parmi notre personnel politique. Depuis trop longtemps en effet les dirigeants européens n’ont pas voulu entendre, partout en Europe, la voix des peuples qui exprimaient leur incompréhension face à une construction burocratique et un pouvoir illégitime car apatride. Longtemps, le dogme européen fut sourd, totalitaire même : qui était contre l’intégration était un idéologue obscurantiste, un réactionnaire nihiliste. Critiquer l’Union Européenne ce n’était pas critiquer un choix de politique et idéologique, mais contester la vérité et la science, c’était aller contre « le sens de l’Histoire »… c’était être déraisonnable au sens étymologique du terme, privé de raison.

A ne pas les avoir entendus, on a poussé les Peuples dans le rejet de leurs classes politiques. A avoir passé outre ses votes, comme les NON français et néerlandais de 2005, on a créé un déni de démocratie en même temps qu’une situation explosive… Nier encore, pousser plus loin le refus du réel, c’est prendre le risque de l’embrasement généralisé.

De l’autre côté, l’appel, séduisant en apparence, à la démocratie. L’idée qu’il faut un référendum sur le Fraxit (plus francophone que le Frexit) et ainsi renouer avec la parole du Peuple bafouée, rappeler le NON de 2005. Or, aussi agréable que puisse paraitre la chose, celle-ci n’est pas beaucoup plus raisonnable que la négation des attentes populaires.

Car en 2005, la situation était tout autre. Il s’agissait de se prononcer sur un traité : soit d’accepter l’évolution proposée du droit européen, soit conserver le système préexistant. Il existait en tout état de cause un cadre prévu dans lequel évoluerait la France. Un éventuel Fraxit ne peut être comparé à cette situation : avec lui, c’est soit tout, soit rien. Avec une différence majeure par rapport au Brexit que la France participe à la zone Euro, mais aussi à la totalité des dispositions du Traité de Schengen, contrairement au Royaume-Uni. 

Dans ce cadre un référendum sur le Fraxit serait un double leurre : soit le « NON » l’emporte en jouant sur la peur de l’inconnu et alors rien ne change ; soit le « OUI » l’emporte et quoi ? On se pose alors la question de comment on fait ; on entame des négociations avec des interlocuteurs qui nous seront dès lors évidemment hostiles, dans un climat de doutes et d’incertitudes, sous la pression constante des marchés, des groupes de pression et d’une opinion publique aux abois…. C’est s’exposer à une fragilité criminelle.

  
            Troisième solution. La campagne présidentielle est l’occasion d’un vrai débat sur le projet européen ; ou plus exactement sur la vision de la France au sein de l’Europe. Chaque candidat profite de sa campagne pour définir sa conception de la place de la France au sein du Continent qui est le sien, au sein du Monde dans lequel elle évolue, au sein des différents accords de coopération qu’elle peut être amenée à conclure.

Dans ce scénario, celui qui est élu aura toute légitimité à entamer les négociations destinées à concrétiser dans l’avenir, et en accord avec nos partenaires internationaux, la ligne qu’il aura porté à l’occasion du scrutin présidentiel. Ce n’est qu’alors, et en bout de course, en proposant un projet alternatif, qu’un référendum a de l’intérêt afin de valider l’architecture ainsi élaborée. Un référendum qui validerait la sortie de la forme actuelle de l’Union Européenne et de son schéma dépassé doit nécessairement ouvrir la voie à un nouveau projet  basé sur les attentes populaires en même temps que sur la leçon des échecs passés.

            Choisir l’élection présidentielle pour sortir des postures et des impostures, des crises et des paranoïas est un défi ; mais c’est aussi l’unique solution de bâtir quelque chose qui ne soit pas voué à l’échec. Car ce qui nait dans l’hystérie, ne peut survivre que le temps de l’émotion et ajoute de la crise à la crise.


            Choisir l’élection présidentielle pour affirmer un projet pour la France, un projet qui contribue à définir notre rôle de puissance souveraine et nos rapports avec nos voisins, c’est aussi redonner du sens à une élection présidentielle qui en manque cruellement.
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samedi 25 juin 2016
Ce que le Pape nous dit des migrants.


Tribune Libre publiée dans le Huffington Post le 26 mai 2016.
Il y a quelques jours, j'écrivais que ceux qui prétendent défendre "l'Europe chrétienne" en condamnant les propos du Pape devraient faire preuve d'un peu plus de tempérance et d'un peu moins de présomption. Cette prise de position a déclenché l'ire ou l'incompréhension d'un certain nombre -pour ne pas dire d'un nombre certain- de mes amis.
Comment, après avoir soutenu la restauration des frontières, l'idée que la France ne pouvait plus accueillir d'avantages de migrants, que nous devions soutenir les chrétiens d'Orient, ou que l'Islam posait aujourd'hui un problème d'assimilation en France, pouvais-je défendre celui qui est allé chercher des réfugiés -qui plus est tous musulmans- ? Celui qui a appelé l'Europe à ouvrir les yeux sur le sort des migrants, qui a dénoncé le retour aux "mur-frontières" entre les Peuples ? Enfin, celui qui a appelé à assouplir notre vision de la Laïcité en France ?
J'ai lu beaucoup de réactions désappointées, agacées ou réprobatoires contre le Pape, venant parfois de personnes très intelligentes et pour lesquels j'ai le plus grand respect. J'ai lu, chez certaines autres, des propos plus violents encore : "traitre", "vendu" à l'islamisation, "mondialiste", homme soumis à l'esprit du temps ou à l'effet de mode... Or, je crois profondément que toutes ces récriminations sont infondées. Certes, je reconnais bien volontiers que l'attitude du Saint Père peut désarçonner au premier abord, mais essayons de réfléchir au-delà de la première réaction, de la réaction instinctive. On ne manquera pas de souligner que son action demeure caractérisée par nombre de tâtonnements et certaines approximations ; mais ceux-ci ne sont-ils pas la marque propre à ceux qui cherchent la vérité plutôt que prétendent imposer des certitudes ? Pour comprendre, l'action du Pape face au phénomène migratoire, je crois qu'il convient de redonner aux choses leur sens véritable, c'est-à-dire, pour ce qui le concerne, rendre à sa fonction sa juste mesure dans une société qui a tendance à l'oublier. Le Pape n'est pas présentateur de BFM TV ou d'une quelconque chaine d'information en continue, pas plus d'ailleurs qu'il n'est un homme politique destiné à trouver des solutions institutionnelles aux problèmes du jour. Le Pape n'a pas vocation à répondre aux sollicitations de l'immédiateté, de l'instantanéité, de l'actualité et du moment : il est porteur d'un message intemporel et universel.
Oui, le Pape a choisi d'accueillir des migrants, souhaitant ainsi rappeler aux hommes qu'ils étaient tous frères, qu'ils devaient se regarder comme tels, au-delà des difficultés du moment. Car son rôle n'est pas de nous noyer un peu plus dans les tensions extrêmes qui agitent notre société, mais nous rappelle de ne pas perdre de vue ce qu'est le christianisme. Regarder au dessus, par dessus l'instant et le fait du moment pour élever son regard, c'est le rôle d'un chef spirituel. Pour autant, il serait faux de vouloir interpréter l'invitation du Saint Père à regarder l'autre en frère comme une forme d'angélisme qui nierait les difficultés ou les risques nés de cette situation. Lui qui, le premier, a parlé des dangers d'infiltration de terroristes au sein des migrants, lui qui a parlé "d'invasion arabe" est sans doute, plus que tout autre, conscient des difficultés qu'engendre cette arrivée massive. Mais en appelant à un réveil de l'esprit chrétien, en invitant nos cœurs à chasser la haine pour regarder l'autre avec compassion -réalisme et compassion-, le Pape nous invite à l'unité. Charles Péguy a dit "Tout ce qui élève unit" : c'est en considérant l'autre comme frère, en s'émouvant de son sort, en élevant nos âmes au-delà des réactions instinctives que nous pouvons tous avoir, que l'on parviendra à s'intéresser réellement au sort de l'autre, à trouver des réponses qui permettront à chacun de vivre dignement... c'est-à-dire aussi à chaque Peuple de vivre dignement sur la terre qui est la sienne.
Car si le Pape a critiqué le retour partout dans le monde aux mur-frontières, comme il l'avait déjà fait devant la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, il n'est pas un mondialiste pour autant. Ce n'est pas une critique de la frontière en tant que telle : par ses propos et à de nombreuses reprises, le Pape a dénoncé la mondialisation qui broie les Peuples. Ainsi, dans son Encyclique Laudato si, François a dressé la Souveraineté des Etats comme "fonction impérative de l'Etat", lequel est source légitime du "pouvoir réel". Les propos du Pape sont une dénonciation des murs dressés aux frontières comme autant de limites dressées face à notre capacité à voir, à considérer, à prendre en compte l'autre. Lorsque le Pape appelle à créer des ponts entre les Nations, il n'appelle pas à la disparition des Nations mais au contraire à la prise en compte des Nations entre elles. Régis Debray a rappelé, avec beaucoup de justesse dans son livre Eloge de la frontière que, là où disparaissent les frontières entre les Etats, naissent les murs au sein même des sociétés. L'Histoire nous enseigne que les régimes qui construisent des murs le font pour masquer à leurs Peuples des réalités qui les dérangent, mais comme à Berlin, ces murs tombent lorsque les réalités s'imposent. La frontière, permet l'échange, le contrôle et la régulation ; le mur, au contraire, nie l'autre et le cache hors du champs de vision. La frontière nous définie, en même temps qu'elle nous permet de communiquer et d'échanger avec les autres, là où le mur nous isole et nous enferme dans "l'entre soi".
C'est cet "entre soi", cet isolationnisme de l'âme, posture confortable mais ô combien redoutable, que le Pape dénonce sans relâche, invitant les Peuples d'Occident à prendre conscience de leurs actes, notamment lorsqu'ils déstabilisent des zones entières du monde, livrant les Peuples qui y vivent au chaos.
Dans ce contexte, nombreux sont ceux qui ont reproché à François son choix d'accueillir des migrants musulmans au Vatican, alors même que le sort des chrétiens en Orient parait aujourd'hui tellement préoccupant. Or, en faisant ce choix là, le Saint Père a rappelé le rôle universel de l'Eglise. Il a rappelé que le Christ est mort pour racheter les fautes de tous, que le rôle de Saint-Paul, Apôtre, témoigne de l'universalité de la mission des Catholiques. L'Eglise de Rome œuvre déjà énormément pour les Chrétiens d'Orient et les Nations du Monde, au premier rang desquels la France dont le rôle de protecteur des chrétiens d'Orient est historique, devraient prendre exemple et relayer l'action du Saint Père dans ce domaine. Mais quel aurait été le sens d'un accueil "communautaire" du Vatican, un asile réservé aux chrétiens, cantonné à "l'entre soi" ? Dans un tel cas, la symbolique de l'acte aurait été presque exactement inverse à celle recherchée : ce ne serait plus là le message d'un homme qui appelle à regarder les autres hommes comme ses frères, mais celui d'un chef religieux agissant à l'égard de ses seuls coreligionnaires.
Dépasser "l'entre soi", un exercice compliqué et parfois contradictoire, notamment lorsque le Saint Père appelle la France à ne pas "exagérer" la laïcité en même temps qu'il invite tous les Etats à faire le choix de la Laïcité et à renoncer à la notion d'Etat confessionnel. Paradoxe ? Probablement pas car il s'agit là des deux facettes d'un même objectif : le Pape appelle toutes les nations à garantir la Liberté religieuse de chacun en même temps qu'il invite à ne pas chasser la religion de la vie des Peuples. Dans les deux cas, c'est de la Liberté donnée à chacun à vivre sa foi dont il s'agit. Le Saint Père nous rappelle ainsi que la Laïcité vécue comme le respect de l'individu par l'Etat est une valeur du Christianisme, fondée dans les Nations chrétiennes, par des philosophes et des publicistes chrétiens. Mais cette laïcité est aujourd'hui trop souvent détournée, dévoyée, utilisée comme un laïcisme combattant le fait religieux... "une laïcité dictant le mode de vie".
Cette récupération de concepts, cette dénaturation de valeurs, le Pape s'en est ému aussi lorsqu'il s'agi de faire mention des "racines chrétiennes" de nos Nations, et de l'Europe en général. Il est faux de prétendre que le Pape ait nié de telles racines : au contraire, il les a, à plusieurs reprises, soulignées, reconnues et cultivées, s'inscrivant ainsi dans une tradition solidement ancrée depuis Jean-Paul II. Mais, dans le même temps, le Pape nous met en garde contre une mauvaise lecture de nos racines chrétiennes, ou plutôt contre une mauvaise utilisation. Reconnaitre les racines chrétiennes de la France est sans doute une très bonne idée -même si la Constitution le fait déjà en consacrant le principe de Souveraineté Nationale-, mais encore faut-il s'entendre sur le sens que l'on donne à cette mention. C'est ce que nous dit le Pape par ses propos qui nous rappellent que les racines chrétiennes ne doivent pas devenir le porte étendard de ceux qui voudraient s'en servir d'alibi pour exclure l'autre. La crainte du Saint Père est de voir la chrétienté devenir un cadre vétuste servant à figer les choses dans une lecture altérée, pour ne pas dire contraire. Il est du rôle du Pape de rappeler que le Christianisme, ce ne sont pas que des racines lointaines mais c'est une foi vivante porteuse d'espérance en l'Homme qui doit aujourd'hui encore irriguer notre vie. Les racines chrétiennes ont un sens si elles nous parlent du Génie de la France ; si elles servent à nous rappeler d'où nous venons, ce que nous sommes, où nous allons et quelle est notre conception de l'homme. En 1967, devant les ecclésiastiques français de Rome, le Général de Gaulle résumait cela en une formule éclatante de vérité : "Quels que soient les dangers, les crises, les drames que nous devons traverser, toujours nous savons où nous allons ; même s'il nous faut mourir, nous allons vers la vie".
Il y a finalement dans cette querelle entre le chef des catholiques et ceux qui se voudraient plus catholiques que le Pape, quelque chose d'éminemment politique, probablement philosophique et quelque part comme un choix de civilisation, un débat sur une certaine conception de l'Homme. Il y a la frontière entre ceux qui voudraient résoudre le problème de l'immigration et ceux qui veulent en découdre avec les immigrés. Il y a une fracture irréconciliable entre d'une part ceux qui s'appellent identitaires, prônant le monde de "l'entre-soi" et la culture de la violence et, d'autre part, ceux qui entendent être fidèles à l'identité de la France, sans angélisme ni renoncement, mais qui se souviennent qu'elle n'est jamais aussi grande que lorsqu'elle est pour les autres. Etrangement, les seconds procèdent du christianisme, là où les premiers, se drapent de la bannière de "l'Europe chrétienne" pour mieux masquer un paganisme renaissant.
En 1802, Chateaubriand écrivait dans Le Génie du Christianisme "Une nouvelles carrière attend les Papes, le monde dégénéré appelle une seconde prédication de l'Evangile"... il est peut-être tant. 
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dimanche 8 mai 2016
Même la honte a sa logique.

Le message du Secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants et à la Mémoire lu partout en France aujourd'hui à l'occasion des commémorations de la Victoire du 8 mai 1945 sur l'Allemagne Nazi ne mentionne ni le nom, ni le rôle, pourtant essentiel, du Général de Gaulle. Lui, l'homme qui incarna tant de soirs à la radio la voix de la Résistance, de l'Honneur et de la Patrie ; lui, le chef de la France Libre, derrière lequel se rallièrent les irréductibles ; lui, l'homme qui, par son courage et sa volonté, permit à la France vaincue et occupée de s'asseoir à la table des vainqueurs, est chassé, oublié, nié par ce Gouvernement qui prétend réécrire l'histoire à sa convenance idéologique.

Je tiens à dénoncer avec force et conviction cette réécriture de notre Histoire nationale. Une attitude honteuse mais néanmoins logique de la part de ce Gouvernement de Gauche qui témoigne ici d'une attitude partisane. Préfèrant passer sous silence le rôle héroïque du Général de Gaulle ce 8 mai, il ne s'est en revanche pas privé le 3 mai de célébrer les 80 ans de la victoire du Front Populaire de 1936. Assemblée de malheur qui livra la France à la défaite de 1940, la République au suicide et vota les pleins pouvoirs du Maréchal Pétain... 

De cette assemblée là à l’élection de François Mitterrand, seul Président de la République française à avoir été décoré de la francisque, la Gauche a une Histoire et elle n'est résolument pas Gaullienne.

Gaël Nofri
Conseiller municipal et métropolitain de Nice,
Président du groupe des Elus Niçois Indépendants,
Ancien lauréat du Concours National de la Résistance et de la Déportation
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jeudi 5 mai 2016
Communiqué sur le projet du Ray.

La présentation du projet sur le devenir du Stade du Ray s'inscrit dans la logique du projet annoncé par la Majorité Municipale. Si je n'ai pas participé à la définition de cette logique, j'avais appelé l'attention de la Municipalité sur un certain nombre d'attentes du quartier. 

Je relève aujourd'hui avec satisfaction que les quatre points que j'avais soulevés sont aujourd'hui pris en compte par le nouveau projet: 

- sur l'équilibre urbain: les espaces verts sont largement préservés  sur une surface globale de 2,8 hectares et le bâti annoncé demeure limité à 250 logements organisés dans des immeubles à taille humaine et à l'architecture raisonnée. 

- sur les places de parking: je m'étais ému du chiffre avancé de seulement 300 places au total alors que les besoins du quartier sont très importants. Avec 568 places ouvertes au public, auxquels s'ajouteront en plus les places relevant des logements privés, le projet annoncé répond à cet enjeu important tant pour la qualité de vie du quartier que pour le plan de déplacements de notre Ville du fait de la jonction avec la ligne 1 de Tramway.

- sur les infrastructures pour le quartier: l'extension de l'école est une excellente chose car elle met un terme à une situation qui n'a que trop duré: celle des cours donnés dans des préfabriqués.

- sur la sécurité: le Maire annonce un espace clos et fermé le soir, un dispositif de vidéo-protection important, enfin une brigade des parcs et jardins… C'est là une des attentes principales de la population du Ray-Gorbella. Les annonces faites en la matière vont dans le bon sens et je pense qu'il faut aller encore plus loin.

Aussi, j'ai écrit ce matin au Maire de Nice afin qu'une réflexion soit menée afin d'incorporer dans le projet un commissariat de Police Municipale qui pourrait notamment abriter la brigade dévolue à la sécurité de ce parc, mais aussi, pourquoi pas, des permanences de la police nationale comme cela se fait ailleurs.

Ce projet rempli des attentes fortes et abouti à un équilibre de qualité qui sera sans nul doute bénéfique pour le quartier en y introduisant un renouveau et une dynamique qui sont nécessaires; la sécurité devra faire l'objet de toutes les attentions car c'est d'elle que dépendra la capacité des riverains à s'approprier cet espace.
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mardi 26 avril 2016
Conseil Municipal extraordinaire sur l'Islam radical.



Mon intervention à l'occasion du Conseil Municipal extraordinaire sur la lutte contre l'islamisme intégriste et le devenir de la Mosquée En Nour:

Monsieur le Maire,
Mes Chers Collègues,

L’ensemble des cinq délibérations soumis à notre Conseil Municipal ce matin relève de la même logique. Celle qui tente d’endiguer l’Islamisme intégriste, son prosélytisme sur notre territoire, et par là même, si j’ose dire, de séparer le bon grain de l’ivraie en isolant ceux-ci du culte musulman dans sa composante compatible avec les lois et les valeurs de la République. Je m’étonne d’ailleurs que notre collègue Patrick Allemand parle de Conseil stigmatisant une communauté car je ne connais pas de communauté des intégristes religieux.

Si je lis ces cinq dossiers stricto sensu, je constate que trois cas sont en réalité abordés successivement :

– La salle de prières clandestine de l’Ariane – celle du 30 rue Emile Ripert – elle est dite clandestine car masquée par une association culturelle. Ce qui n’est pas en soi illégal car le droit français reconnait la possibilité d’association dite mixte. Là où l’affaire devient illégale, c’est qu’elle ne dispose pas de l’autorisation, pourtant obligatoire, relative aux établissements recevant du public. C’est là le dossier le plus simple à traiter, ce qui ne respecte pas la loi est illégal et ce qui est illégal doit cesser –état d’urgence ou non-.

– Les deux salles de prières des 19 et 61-63 rue Auguste Pégurier. Là l’affaire se corse, car lorsqu’on lit les considérants, on sent tout à la fois l’impérieuse nécessité de fermer ces lieux, mais aussi on est aussi confronté à une réalité : l’absence d’infraction réelle à la législation en vigueur. Ces espaces sont déclarés et autorisés au regard des normes des ERP… et pourtant ils sont des lieux dont nous avons tout à redouter.

– Enfin, troisième dossier, le Centre Culturel En Nour, et là, l’affaire est encore un peu différente. Vous vous interrogez légitimement sur la provenance des fonds et vous nous proposez de saisir TRACFIN. C’est nécessaire et souhaitable. Maintenant je crains que la provenance de fonds du Gouvernement Saoudien, fut-il wahhabite et partisan de la charia, risque de ne pas faire sourciller TRACFIN, s’agissant d’un pays que le Gouvernement Français reçoit, décore et considère comme un allié de la France.

Vous demandez aussi de réactiver la déclaration d’utilité publique que le Préfet nous conteste. S’il nous la conteste disons-le tout net, c’est que, malgré le besoin certain et incontestable de places de crèche dans notre ville, il estime que derrière l’utilité publique de bâtir cet édifice il existe une autre motivation à ce dossier que celui de la politique de la petite enfance.

Or, il y a une seconde  utilité publique évidente, incontestable, irréfragable dans votre projet c’est la préservation de Nice et des Niçois face à un risque avéré quant à des financements troubles, des influences néfastes, des conséquences potentiellement dangereuses dans un contexte national et international profondément troublé.

C’est à mon sens cela, et seulement cela, que le Conseil Municipal de la ville de Nice doit prendre en compte au moment de juger cette affaire. Tout mettre en œuvre pour empêcher ce qui dans ces trois cas menace la sécurité des niçois, propage une idéologie dangereuse, encourage au communautarisme, à la radicalisation et introduit sur notre sol les éléments d’influences d’une puissance étrangère qui de toute évidence nous est hostile. Nous ne pouvons pas accepter que le Préfet, représentant du Gouvernement socialo-capituliste, prenne prétexte d’éventuels recours pour justifier une inaction qui pourrait bien être criminelle.

Au-delà de cette lâcheté et de ce que je considère être notre devoir, la difficulté dans laquelle est aujourd’hui le Conseil Municipal démontre que notre législation et les outils dont nous disposons face à ce danger réel et avéré sont inadaptés.  C’est la le véritable sens du débat de ce matin.

Nos règles juridiques sont vieilles et dépassées. Nous avons forgé notre conception des rapports entre religion et politique au cours de notre Histoire. Dans notre pays aux racines chrétiennes, le gallicanisme fut un combat historique d’où émergea un intérêt national  distinct des motivations religieuses. Nous avons réglé nos rapports avec les Églises depuis les 1ères heures du 19ème siècle dans un contexte spécifique : 1801 pour les Catholiques, 1802 pour les Réformés, 1806 et 1808 pour les Israélites… A cette époque personne n’aurait pensé à régler les rapports de l’État avec la religion musulmane car celle-ci n’existait pour ainsi dire pas en France même si l’Arc de Triomphe rappelle Menou de Bussy, ce général républicain converti à l’islam. La séparation de l’Église et de l’État par la loi de 1905, puis la consécration du principe de «Laïcité» dans le Préambule de la Constitution de 1946 sont les héritiers de cette Histoire, de ce contexte et de ces rapports spécifiques, lesquels ont abouti à des dispositions non moins spécifiques.


Nos racines judéo-chrétiennes sont une composante essentielle de l’Histoire nationale et influencent notre présent. Mais n’oublions pas que si l’Histoire est une réalité présente, le présent est aussi une réalité historique.

Aujourd’hui la religion musulmane est la religion de millions de Français, qui sont pleinement français et ont vocation à le demeurer. Ils ont droit, comme tout autre, à la possibilité d’exercer librement ce culte comme leur garantie la Loi de 1905.

Mais la réalité c’est aussi que ces Français sont issus, directement ou indirectement, de pays étrangers et que dès lors le phénomène cultuel rencontre chez beaucoup les racines culturelles. C’est une spécificité qu’il nous faut prendre en considération lorsqu’on parle d’Islam aujourd’hui. Une spécificité qui n’a existé pour aucune autre religion en France.

Par la même, la religion musulmane est, sur notre territoire, l’objet d’une lutte d’influence entre puissances étrangères et revêt hélas un caractère hautement complexe où se mélangent communautarisme, géopolitique, et fonds à la provenance plus ou moins affichée. Enfin, l’absence de hiérarchie du clergé sunnite pose un certain nombre de problèmes évidents que vous avez vous-même soulignés encore récemment.

Le principal de ces problèmes étant d’obtenir de tous les religieux musulmans une condamnation sans retenue du terrorisme et la soumission aux lois de la République. La majorité des Imams français –et je fais une différence entre Imams français et Imams prêchant en France- adhèrent à ces valeurs, mais nous savons que tous ne le font pas et là est le problème : l’absence d’unité de condamnation entretient un trouble inacceptable.

Cette soumission aux lois de la République est une priorité, elle l’a toujours été. Les Catholiques l’ont acceptée, les Réformés aussi, de même d’ailleurs que les Juifs à l’occasion notamment du Grand Sanhédrin de 1806 dont la déclaration d’ensemble comportait : «La religion des Français qui pratiquent la religion de Moïse leur ordonne désormais de regarder comme loi suprême, en matière civile et politique, celle de l’État Français».

Pour toutes ces raisons, la spécificité qu’introduit aujourd’hui la religion musulmane nous obligera tôt ou tard à modifier nos lois en allant vers un concordat spécifique avec l’Islam afin de définir nos rapports entre cette religion et l’État, afin d’ainsi revivifier notre lecture de la Laïcité… Il nous faut prendre en considération les réalités, les défis et les difficultés nés de l’apparition de l’Islam en France afin d’y adapter notre législation car ce n’est qu’en s’adaptant aux réalités nouvelles que nous préserverons le principe essentiel de Laïcité hérité de 2000 ans d’affirmation de l’Idée France.

En attendant que le Gouvernement, quelle que soit d’ailleurs sa couleur, s’attaque à ce chantier, nous sommes nous ici condamnés à faire avec les outils que nous avons en notre possession, au risque de donner parfois l’impression de bricoler. Faut-il bricoler pour éviter que ne se développent sur notre territoire les dangers, les fanatismes et les tentations communautaires de toutes sortes qui viendraient nous fragiliser ? Je crois que oui. Il y a une utilité publique à la conservation, à la sécurité, à la pérennité de la société. Or, ces éléments sont menacés par un certain nombre d’éléments radicaux sur notre territoire et il est du devoir de tous de tout mettre en œuvre pour y faire échec.

Cet dans cet esprit que nous voterons évidemment, en bloc, les cinq délibérations.
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jeudi 14 avril 2016
Budget 2016

Intervention sur le Budget 2016 de la Métropole.


Monsieur le Président,
Mes Chers Collègues,

Le budget 2016 de la Métropole qui nous est proposé nous offre l’occasion de parler de réel, ce qui n’est pas du luxe dans les temps qui courent. Il fait apparaître cinq éléments essentiels :

1 - Un désengagement de l’Etat croissant : sur trois ans nous avons perdu 45 millions d’euros pour la seule DGF à laquelle il convient de rajouter les baisses d’autres dotations comme la dotation de compensation. Ce, sans compter toutes les autres décisions gouvernementales qui nous impactent négativement. 

Ce contexte est lourd et particulièrement pénalisant pour la Métropole. C’est pourquoi je répugne à ce que nos documents budgétaires continuent à parler de «contribution au redressement du déficit de l’Etat». Je ferai remarquer que pendant qu’on baisse les dotations des collectivités locales, dotations qui ne sont pas un cadeau mais un dû, le Gouvernement lui, fait passer le déficit de 70 milliards en 2015 à 72 milliards prévus en 2016… La baisse du déficit par le Gouvernement c’est comme le chômage, ce sont des mots creux … Alors il serait bon que nos documents budgétaires ne reprennent pas ces mots erronés.

2 - Une imposition dont les taux demeurent stables tant pour ceux qui pèsent sur les ménages que ceux qui s’appuient sur l’activité économique mais qui bénéficie du dynamisme des bases.  C’est un fait important, surtout dans le contexte économique actuel où nous devons, au maximum de nos possibilités, alléger le poids de la fiscalité qui pèse déjà sur des familles et des entreprises lourdement impactées par le climat social et économique de notre pays.

3 - D’importantes subventions principalement et nouvellement de la part de la Région PACA qui vient financer la voie de 40 mètres à hauteur de 10 millions et 15 millions pour la Ligne 2 du Tramway sur les 35 annoncés… C’est une première partie de la conséquence du Contrat Régionale d’Equilibre Territoriale que nous avons voté tout à l’heure. C’est une bonne chose et ce n’est que justice car, trop longtemps Nice été privée de ce à quoi elle aurait pu prétendre.

4 - Une dette qui suit le rythme d’endettement fixé pour la mandature. La dette va croitre de façon importante en 2016, avec une hausse de 106 millions d’euros : 189 millions d’euros d’emprunts nouveaux et 83 millions d’euros de capital remboursé. Cette dette s’explique quasi exclusivement par l’investissement réalisé au titre du budget transport puisque 2/3 de l’emprunt soit 136 millions proviennent de ce budget annexe et plus particulièrement de la ligne 2 du Tramway (129 millions d’euros).
Vous connaissez ma position sur la Ligne Est-Ouest du Tramway : elle est vitale et nécessaire mais le tunnel n’était pas judicieux car trop coûteux et ne permet pas de requalifier l’espace urbain. Je connais votre positon sur ce même tunnel relative à la vitesse d’exploitation et à la préservation des commerces, nous en avons débattu plusieurs fois… la majorité a tranché, la décision est actée et les travaux ont commencé… c’est un fait qui s’impose aujourd’hui à nous tous et dès cet instant je crois que, quelles que soient les options politiques que nous puissions avoir, les dépenses relatives à cette infrastructure s’imposent à nous, s’imposent à notre budget et ne sont dès lors plus à débattre dans cet exercice budgétaire. 

Aussi, si je déplore les conséquences de ce choix, je me réjouis qu’il soit fait en conséquence des efforts par ailleurs pour que, à cette dette Tramway, ne s’ajoute plus de dette. Et c’est ce que nous constatons avec 5 millions d’euros de dette de moins sur la totalité du budget hors budget annexe transport.

5 – Ces efforts … passent par des dépenses de fonctionnement contenues : la partie dépense de gestion courante est stable avec une hausse de seulement 1,7 millions inscrits au budget ; vous annoncez après retraitement une baisse optimiste de 5,82 millions d’euros … disons que si on regarde les choses comme elles sont et que l’on ne retire pas le programme RLA de 5 millions on peut estimer la baisse réelle à un million d’euros.

L’effort réalisé sur les charges relevant de l’administration et celles relatives au personnel est important malgré les hausses fortes et logiques sur les budgets eau, transport et assainissement. Ainsi, sur le budget principal, malgré l’effet GVT (Glissement Vieillesse Technicité), des mesures gouvernementales, on assiste à une baisse sensible de 1,7 millions d’euros. La mutualisation produit des effets positifs et nous devons tous nous en réjouir en même temps que nous nous réjouissons de l’annonce du principe de non remplacement annoncé d’un départ à la retraite sur deux. C’est une mesure réaliste qui va dans le bon sens et que j’appelais l’année dernière de mes vœux. 

En conclusion et considérant l’ensemble des éléments ainsi exposés, nous voterons donc ce budget et les efforts qu’il implique en acceptant les contraintes que nous avons, avec aussi l’espoir, non dissimulé et je pense partagé par tous, que l’on fera mieux encore l’année prochaine afin de contenir au maximum la hausse de la dette sans remettre en cause des investissements nécessaires … Nous le votons avec la volonté de travailler au bien public et à la construction de l’avenir… car contrairement à ce que j’ai pu entendre ici ou là par ailleurs, lorsqu’un budget apparaît guidé par le bon sens on ne vote pas contre pour des raisons partisanes.

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